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International : Alger piégé par sa propre fiction diplomatique à Rome

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Au cours de sa récente visite protocolaire à Rome, le Président algérien a cherché à suggérer une convergence d'opinions avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni concernant la question du Sahara. Aucun appui de la part de l'Italie n'a été manifesté. Entre la manipulation des faits, un récit défaillant et un isolement diplomatique croissant, Alger semble être en train de perdre ses repères et sa crédibilité concernant un dossier aussi stratégique.

C’est une mise en scène qui est devenu fréquent dans la diplomatie algérienne de créer des alliés fictifs, d'attribuer à autrui des positions qu'ils n'ont jamais affirmées et de se retrouver dans des contradictions à peine dissimulées. Cette fois-ci, l'événement s'est déroulé à Rome. Au cours de la conférence de presse qu'il a tenue conjointement avec la Première ministre italienne, le président algérien a déclaré avoir reçu un "soutien commun" de Giorgia Meloni en faveur du "peuple sahraoui" et de son droit à l'autodétermination.

Afin de renforcer son argumentation, il a utilisé le pronom "nous" de manière diplomatique, ce qui implique la Première ministre italienne dans cette position. Une affirmation audacieuse... cependant entièrement erronée. Giorgia Meloni, reconnue pour sa franchise, n'a jamais abordé la question du Sahara. Dans sa déclaration, elle a abordé exclusivement la question de la coopération en matière de sécurité avec l'Algérie concernant les enjeux du Sahel, du Moyen-Orient et de la Libye. Aucune mention du Sahara n'est faite, que ce soit de manière explicite ou implicite.

Face à la controverse suscitée, l'Agence de presse officielle algérienne (APS) a rapidement retiré une dépêche initialement enthousiaste faisant état d'une prétendue "convergence de vues", pour la remplacer par une version plus ambiguë et mesurée. Cependant, la vidéo du président continue de circuler, mettant en évidence de manière frappante l'écart entre les déclarations d'Alger et la réalité diplomatique.

Le communiqué conjoint émis par la partie italienne est catégorique : il ne mentionne ni l'autodétermination, ni un prétendu droit inaliénable du peuple sahraoui. Il se limite à réaffirmer la position consensuelle des Nations Unies, qui consiste à chercher une "solution mutuellement acceptable sous son égide, une approche soutenue par le Maroc lui-même.

La diplomatie algérienne est à la recherche d'alliés fictifs. Il n'est pas rare que l'Algérie soit surprise en train de se livrer à des actes de fabulation diplomatique. En 2025, elle avait déjà essayé d'engager le Rwanda en lui prêtant un soutien présumé à ses thèses séparatistes sur le Sahara, avant que Kigali ne réfute publiquement cette version gênante. Aucun média en Algérie n'avait encore diffusé la déclaration cinglante de Kigali.

Cette stratégie, oscillant entre un récit mal contrôlé et une surabondance médiatique, compromet sérieusement la légitimité diplomatique du gouvernement algérien, qui est déjà confronté à un isolement croissant au niveau international concernant la question du Sahara.

Le plan d'autonomie proposé par le Maroc représente une impasse pour Alger. L'ample soutien international en faveur du plan marocain d'autonomie, notamment de la part d'acteurs européens de premier plan, semble mettre Alger dans une situation délicate sur le plan narratif. En raison de son incapacité à rassembler autour de ses positions, l'Algérie se trouve dans une situation où elle peut être considérée tantôt comme une "partie concernée", tantôt comme une "partie intéressée" ou simplement comme un "simple voisin", en fonction des contextes. Au sein de l'Organisation des Nations Unies, le représentant en question a résumé de manière franche cette situation diplomatique en déclarant : "Peu importe le nom que vous nous donnez, ce qui compte, ce sont nos intérêts."

Pour contrer cette perte de crédibilité croissante, la seule solution pour Alger consisterait à réintégrer pleinement les discussions, de manière transparente, et à abandonner les positions artificielles. Reconnaître que le plan d'autonomie représente actuellement la seule solution pragmatique, largement soutenue par la majorité écrasante de la communauté internationale, constituerait un geste diplomatique significatif.

Cependant, il est nécessaire d'avoir la volonté pour y parvenir. En attendant, les erreurs telles que celle commise à Rome ne font que renforcer une perte de repères préoccupante, illustrant un régime diplomatique qui choisit de créer des alliés fictifs plutôt que de faire face à la réalité.