Freetown : Les pays de la CEDEAO adhèrent au Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc en signant un Accord Intergouvernemental.

Le sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu le 19 juillet à Freetown en Sierra Leone, a marqué une avancée majeure dans la concrétisation du Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc.
Les États membres de l’organisation régionale ont procédé à la signature de l’Accord intergouvernemental (IGA) définissant le cadre juridique et institutionnel du projet.
Cette étape consacre l’adhésion collective de la CEDEAO à une initiative stratégique lancée en 2016 à l’initiative du Roi Mohammed VI et de l’ancien président nigérian Muhammadu Buhari, aujourd’hui soutenue par le président nigérian Bola Ahmed Tinubu. Développé conjointement par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd.), le projet s’impose progressivement comme l’un des plus ambitieux chantiers énergétiques du continent africain.
Long d’environ 6.800 kilomètres, le gazoduc reliera le Nigeria au Maroc en longeant la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest et traversera treize pays avant son raccordement au réseau gazier européen via le gazoduc Maghreb-Europe. Doté d’une capacité de transport estimée à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, il vise à répondre aux besoins énergétiques des marchés régionaux tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’exportation vers l’Europe.
Au-delà de sa dimension énergétique, le projet est présenté comme un instrument d’intégration régionale destiné à favoriser l’industrialisation, le développement des infrastructures et la création d’emplois. Il devrait également contribuer à renforcer la sécurité énergétique des pays concernés et à soutenir leur croissance économique dans un contexte international marqué par les enjeux de diversification des approvisionnements énergétiques.
La signature de Freetown constitue toutefois une étape intermédiaire dans le processus de mise en œuvre. Les prochaines échéances porteront notamment sur la création de la société chargée de la gestion du projet, dont le siège sera établi à Casablanca, ainsi que sur la mise en place de l’autorité de gouvernance du gazoduc à Abuja. Ces développements devraient ouvrir la voie à la mobilisation des financements nécessaires et à la préparation de la décision finale d’investissement.
Les études techniques, environnementales et d’ingénierie étant désormais largement achevées, le projet entre progressivement dans une phase plus opérationnelle. Une nouvelle séquence institutionnelle est attendue dans les prochains mois avec la participation du Maroc, de la Mauritanie et du Nigeria, afin de finaliser les dispositifs de gouvernance et d’accélérer le lancement effectif des travaux.
Par cette adhésion collective, les États de la CEDEAO confèrent au Gazoduc Africain Atlantique une dimension pleinement régionale. Initialement porté par le Maroc et le Nigeria, le projet apparaît désormais comme une infrastructure structurante pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, appelée à renforcer les interconnexions économiques du continent et à consolider sa souveraineté énergétique.



