Tchad: des jeunes ont manifesté contre la France à Ati

Des jeunes ont manifesté dimanche dans la ville d'Ati contre la présence militaire française au Tchad sans que cette marche n’ait été autorisée par les autorités provinciales. La police s'est rapidement déployée pour circonscrire la marche de colère contre la France .
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté hier samedi 24 mai 2022 à N'Djamena contre la junte qui a pris le pouvoir au Tchad en avril après la mort d'Idriss Déby Itno, encadrés par un fort dispositif policier et la France accusée de soutenir la junte.
Des associations de la société civile et des partis politiques de l'opposition ont appelé à manifester contre "la confiscation du pouvoir" du Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par le fils d'Idriss Déby, Mahamat Idriss Déby Itno, et "exiger la révision de la charte actuelle et l'organisation d'une conférence nationale souveraine, inclusive et globale".
La manifestation avait été autorisée sur une avenue, longue de 3 kilomètres, dans le centre de la capitale tchadienne. Les forces de l'ordre ont été massivement déployées. La manifestation s’est déroulée certes dans le calme. A la fin de cette marche, des jeunes manifestants en colère s’en sont violemment pris aux intérêts français en vandalisant des stations d’essence appartenant à la société multinationale française « Total » et le saccage d’un monument à Abeche.
La France, ancienne puissance coloniale, est accusée par une partie de l'opposition de soutenir le nouveau pouvoir depuis que le président Emmanuel Macron est venu à N'Djamena rencontrer les nouvelles autorités à l'occasion des funérailles du maréchal Déby, seul chef d'État occidental à avoir fait le déplacement. Depuis l'annonce de la mort du président Déby le 20 avril, Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans, concentre presque tous les pouvoirs. Il s'est arrogé les titres de président de la République et de chef suprême des armées. Il a promis des élections "libres et démocratiques" dans une période de 18 mois renouvelable, mais sans exclure une prolongation de la transition.
Des victimes de la répression
Le 27 avril 2020, six personnes avaient été tuées à N'Djamena et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations interdites, à l'appel de l'opposition et de la société civile. Plus de 600 personnes avaient été arrêtées.



