Tchad : le gouvernement accélére le pas vers le dialogue selon le PNT

Le premier ministre de transition Pahimi PADACKÉ ALBERT a déclaré hier jeudi dans un entretien exclusivement accordé à l’office national des médias audiovisuels( ONAMA) que c’est la recherche de l’inclusivité qui les a retardé et le pré-dialogue de Doha a duré 4 mois avant d’ajouter que le souci principal du peuple Tchadien est l’inclusivité.
« Le gouvernement de transition s’est assumé en disant au tant nous voulons l’inclusivité autant nous évitons que le peuple soit l’otage du pré-dialogue du Doha. Nous disons donc à nos frères de politico-militaires, nous ne les abandonnons pas, nous voulons accélérer le pas », a-t-il indiqué.
La junte militaire au Tchad avait fixé au 20 août un dialogue de réconciliation nationale plusieurs fois repoussé depuis qu'elle a pris le pouvoir il y a quinze mois, alors qu'elle ne parvient toujours pas à un accord avec les rebelles ni à s'entendre avec l'opposition.
Une vingtaine de mouvements rebelles ayant suspendu sa participation au pré-Dialogue de Doha, a finalement repris vendredi les négociations. Un nouveau projet d’accord a été soumis aux mouvements rebelles par les Qataris.
« Nous fixons le dialogue au 20 août , vous avez le temps de vous entendre, signer un accord et rejoindre les 16 millions de Tchadiens qui vous attendent depuis 4 mois. C’est véritablement dans l’esprit de consensus et dans la recherche de la paix, nous ne pouvons pas en même temps dire que nous voulons une transition courte et en même temps nous installer dans un enlisement à n’en point finis. Nous croyons fermement aux informations que nous avons que nos frères politico-militaires eux-aussi accélèrent le pas pour rejoindre le peuple tchadien dans un dynamique de paix », a déclaré le premier ministre de transition Pahimi PADACKÉ ALBERT.
Au lendemain de la mort du président Idriss Déby Itno, tué au front contre des rebelles en avril 2021, son fils le jeune général Mahamat Idriss Déby Itno avait été proclamé président à la tête d'un Conseil militaire de transition de 15 généraux. Il avait aussitôt promis des élections libres et démocratiques dans un délai de 18 mois, après un "Dialogue national inclusif" avec toute l'opposition politique et tous les innombrables groupes rebelles.
Mais, après 30 années d’exercice du pouvoir très autoritaire par Idriss Déby, ce forum de réconciliation nationale, initialement prévu pour le 15 février, puis le 10 mai, avait été reporté, principalement parce qu'un pré-dialogue à Doha pour un accord de paix entre la junte et une cinquantaine de groupes rebelles piétine depuis quatre mois.
Les autorités ne précisent à aucun moment comment entamer ce dialogue si la cinquantaine de groupes armés rebelles négociant avec elles dans la capitale du Qatar depuis le 13 mars ne parviennent pas à s'entendre et si la principale plateforme de l'opposition non armée Wakit Tamma ne réintègre pas les pourparlers qu'elle a suspendus le 6 avril avec la junte dont elle refuse de reconnaître le pouvoir.
Le général Déby semble donc avoir fixé une nouvelle date pour avancer à marche forcée vers ce dialogue qu'il a promis à la communauté internationale pour remettre le pouvoir aux civils dans un délai de 18 mois, éventuellement renouvelable une fois.
Dès les premiers jours, le nouvel homme fort tchadien avait été adoubé par la communauté internationale, France, Union européenne et Union africaine en tête, son armée étant l'un des piliers de la guerre contre les jihadistes dans le Sahel au côté des troupes françaises de l'opération Barkhane.
Toutefois, Paris, l'UE et l'UA avaient demandé que le premier délai de 18 mois ne soit pas prolongé.
Les 18 mois sont censés s'achever en octobre 2022 mais des élections présidentielle et législatives sont difficiles à organiser dans un délai aussi court.
Et l'hypothèse d'un dialogue "inclusif" censé les préparer sans une majeure partie des oppositions armée et non-armée en août semble repousser à un futur incertain la remise du pouvoir aux civils.



