Tchad : # Le chef de l’Etat investi, les promesses et le peuple#

Tribune de Mahamat Ramadane.
D'une certaine manière, il y a toujours un écart entre les promesses politiques et leur mise en œuvre. Mais cette promesse de consacrer 70% du budget national au social, faite par le premier président de la 5ème république lors de son investiture, devant un parterre de ses homologues et des diplomates étrangers accrédités auprès de notre pays, a suscité beaucoup d'espoir.
Une telle promesse dans un pays en urgence alimentaire, dans un pays où la couverture sanitaire est moins de 20%, dans un pays où le taux de la scolarisation est à moins de 40%, l'extrême pauvreté touche plus de 90% des populations, dans un pays où un enfant sur trois meurt de malnutrition, dans un pays où la plupart des parents regardent leurs progénitures agoniser et mourir de paludisme parce que incapables de les soigner, dans un pays où le taux de chômage est incalculable… ne peut que susciter un immense espoir.
L'espoir fait vivre dit-on. Mais il est aussi pire qu'une maladie qui vous consume le cerveau s'il finit par se rompre. Le chef de l'Etat a pris un grand risque en faisant une telle promesse, en ravivant une petite flamme d'espoir à une population meurtrie par l'extrême pauvreté. Une population à bout de souffle. Il n'a plus le choix que de tenir sa promesse, de tenir parole, de tenir son engagement et de remplir sa part de contrat vis à vis du peuple qui a cru en lui.
Pour cela, pour ne pas décevoir les tchadiens qui commencent à croire à une solution miracle, pour ne pas éteindre la flamme de l'espoir qu'il a allumé, pour ne pas laisser périr les populations à l'agonie, le Président de la République doit pouvoir compter sur des hommes et des femmes capables de mener, de transformer sa promesse en réalité. Des hommes et des femmes moralement irréprochables, des technocrates et des patriotes plein d'humanisme et de compassion.
Les politiciens ont fait leur boulot, ont accompli leur mission, celle de porter le programme politique et de convaincre le peuple pour avoir son adhésion à l'élection présidentielle. Ils doivent espérer être récompensés autrement que par des postes s'ils n'ont pas les profils nécessaires parce que le président a pris des engagements, a signé un contrat avec le peuple qui veut survivre.
Le président est en face de deux choix : réussir à tenir ses promesses pour sauver son peuple d'une mort lente, douloureuse et certaine, ou échouer et le laisser périr en face du monde. La deuxième option n'est pas concevable. Au fond de nos villages, en ce moment même, nos mamans disent à leurs enfants agonisant de paludisme et de malnutrition, de tenir le coup parce que notre premier président de la 5ème république qui incarne le renouveau et le changement est déjà investi et viendra bientôt à leur secours. Il l'a promis.
Le 70% du budget national du Tchad est insignifiant face aux défis sociaux de notre pays mais c'est un espoir immense pour une population comme celle du Tchad qui a longtemps fait face seule à ses problèmes. Des problèmes inimaginables qu’aucun peuple au monde ne peut résoudre seul. Notre premier Président de la 5ème république doit rompre le cycle des promesses politiques non tenues parce que l'espoir qu'il a suscité est un engagement suprême.
Monsieur le Président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno l'espoir peut faire vivre et l'espoir peut aussi anéantir, tout dépend de son dénouement.
M.Ramadane



