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Tchad: la rébellion est en "débandade", selon la junte militaire au pouvoir

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Le nouveau gouvernement nommé au Tchad après la mort du président Idriss Déby Itno a affirmé jeudi que les rebelles sont en "débandade", mais doit faire face à la défiance de l'opposition politique qui a appelé à de nouvelles manifestations samedi.

Les rebelles du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT) ont lancé une offensive le 11 avril, jour de scrutin présidentiel. Le président Déby a été tué sur le front, lors de combats entre l'armée et ces rebelles, dans la région désertique du Kanem, le long de la frontière avec le Niger, à environ 300 km au nord de la capitale N'Djamena. "Les forces de l'ordre sont en plein ratissage dans la zone d'opération. La plupart de prisonniers sont entre les mains de la gendarmerie et bien traités. L'ennemi est en débandade", a déclaré lors d'une conférence de presse Brahim Daoud Yaya, nommé dimanche ministre de la Défense du gouvernement de transition. "Nous n'allons jamais dialoguer avec des terroristes", a-t-il poursuivi. Basé depuis sa création en 2016 dans le Sud de la Libye, le FACT et ses colonnes de pick-ups sont d'abord descendus vers le sud en franchissant la frontière Libye-Tchad, puis sont passés par le Niger, avant de revenir au Tchad dans le Kanem. "La Libye est le fief de terroristes", a estimé le ministre de la Défense, mais "je ne peux pas accuser la Libye de soutenir les terroristes comme il n'y a pas un Etat en Libye". L'armée avait assuré, la veille de l'annonce de la mort du chef de l'Etat, avoir tué 300 rebelles du FACT. Et 246 autres avaient été capturés et déférés au parquet de N'Djamena, selon la justice. Le 30 avril, l'armée avait déclaré avoir tué "plusieurs centaines de rebelles". Après l'annonce de la mort du président Déby, le 20 avril, son fils Mahamat Idriss Déby a pris les rênes du pays à la tête d'un Conseil militaire de transition (CMT). Entouré de 14 généraux, tous fidèles à son père, il concentre presque tous les pouvoirs. Le nouvel homme fort du pays, qui a dissous l'Assemblée nationale et la Constitution, a promis des élections "libres et démocratiques" d'ici 18 mois. Selon la charte de la transition, la junte peut proroger cette période une fois pour une nouvelle période de 18 mois. Jeudi, Wakit Tamma, un collectif de partis d'opposition et d'associations de la société civile, a appelé à de nouvelles manifestations samedi contre la junte, malgré l'interdiction de systématique des rassemblements et leur répression par le pouvoir, comme c'était déjà le cas avant la mort d'Idriss Déby Itno. Max Loalngar, coordinateur du collectif, a dénoncé lors d'une conférence de presse un "gouvernement fantoche". Le 27 avril, six personnes ont été tuées à N'Djamena et dans le Sud du pays, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, lors de manifestations à l'appel de l'opposition et de la société civile. Plus de 600 personnes ont été arrêtées. Jeudi s'est tenu à N'Djamena le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement de transition nommé dimanche par la junte, en présence de Mahamat Idriss Déby et du Premier ministre de la transition, Albert Pahimi Padacké, ancien Premier ministre du défunt chef de l'Etat. Ce gouvernement de transition est composé de 40 ministres et secrétaires d'Etat. Les postes régaliens sont presque tous aux mains de membres du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti d'Idriss Déby Itno. Selon un compte-rendu du conseil, dont l'AFP a eu copie, Mahamat Idriss Déby a "instruit le gouvernement de cimenter en urgence le vivre ensemble, mis à rude épreuve, consolider la paix, assurer la sécurité et garantir l'état de droit". Le président du CMT a également indiqué qu'il n'y aurait pas "de temps de grâce" et qu'il fallait organiser un "dialogue national inclusif".