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Tchad : Mahamat Ahmad Alhabo a secoué le cocotier

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Le ministre de la justice, Mahamat Ahmad Alhabo a pris service officiellement le 4 mai dernier dans son cabinet. Le nouveau garde des sceaux n’est pas passé par le dos de la cuillère pour dire aux agents de la justice de faire normalement leur travail pour asseoir la paix car, dit-il, pas de justice pas de paix.

 

« Cela fait exactement 20 années que je démissionnais du gouvernement en qualité de garde des sceaux, ministre de la justice », déclare  Mahamat Ahmad Alhabo.  Le Garde des Sceaux rappelle que la justice est le 3ème pilier du pouvoir dans un régime démocratique. Mais dès lors que le pouvoir exécutif soumet le pouvoir judiciaire ou législatif  ou les deux à la fois, les équilibres sont rompus et la démocratie est péril. C’est un danger.

Mahamat Ahmad Alhabo martèle que la justice tchadienne, comme la plupart des services publics de l’Etat, est certainement atteinte par des graves maux qui minent et entravent son bon fonctionnement. La plupart des Tchadiens, à tort ou à raison, disent qu’au palais de justice tout se négocie, se vend et s’achète, indique le ministre. Si cela est vrai, c’est fort dommageable pour la paix et la cohésion sociale, estime-t-il.

Mahamat Ahmad Alhabo s’engage à mettre en œuvre la politique gouvernementale en matière judiciaire. Aussi donc, voudrait-il solennellement prendre l’engagement à ne pas s’immiscer dans le travail des juges. « Je ne donnerai aucune instruction en faveur d’un tel justiciable au détriment de tel autre. En retour, je serai  intraitable avec les magistrats ripoux. L’inspection générale doit rester éveillée, alerte pour sanctionner  sévèrement les indélicatesses », promet-il.

Mahamat Ahmad Alhabo  de demander aux médias présents à cette cérémonie de relayer son message : « je voudrais demander aux populations, aux groupes d’influence et autres faiseurs de décisions, à mes amis, à mes parents de s’abstenir de venir à la chancellerie solliciter une quelconque faveur. Les juges rendent le jugement au nom du peuple et en leur intime conviction. Cette règle sacrée doit être respectée par tous ».

Le garde des sceaux a rappelé qu’en 1993, les Tchadiens ont convenu de bâtir un Etat de droit et démocratique où devrait s’appliquer le concept cardinal du pouvoir du peuple pour le peuple.

Pour lui, le moins qu’on puisse dire est ce que notre marche vers la démocratie a quelque peu dévié de sa trajectoire. Et il nous incombe de corriger cette déviation.  Dans notre constitution de mars 1996 et de toutes celles obtenues par ses modifications, et le titre II des libertés, des droits fondamentaux et des devoirs n’a pratiquement pas changé. Toutes ces constitutions garantissaient à tous les Tchadiens, les libertés d’opinion, de communication, de manifestation et de cortège. Dès lors comment comprendre que pour leur opinion exprimée, des compatriotes soient condamnés et embastillés. Des Tchadiens marchent en chantant l’hymne national soient gazés, interpellés, condamnés et même quelques fois  et hélas tués à coup de balles réelles.  Les enceintes sacrées des écoles soient allégrement violées pour y balancer des gaz lacrymogènes contre des élèves, des petits enfants.

Les journalistes sont soit traqués soit obligés de rentrer  en clandestinité pour avoir tout simplement fait leur travail en publiant un article.

Si tant que la loi fondamentale est la mère des lois, aucune autre règle contraire à elle ne peut prospérer pour violer les libertés fondamentales.

« Je voudrais que les procureurs et juges prennent toutes leurs dispositions pour respecter et faire respecter en appliquant les droits et libertés reconnues aux citoyens par la loi fondamentale. Travailler pour la justice est ma devise, lutter contre l’injustice est mon sacerdoce, respecter le droit des humains est mon devoir » déclare Alhabo.