Tchad : Wakit Tamma annonce de nouvelle marche la semaine prochaine contre la junte

Des associations de la société civile et le parti regroupés dans Wakit Tama appellent à manifester jeudi 29 juillet 2021 à N’Djamena et dans les provinces "contre les violations systématiques des droits de l'Homme et l'accaparement du pouvoir par le Conseil militaire de transition" (CMT), ont indiqué les leaders de Wakit Tamma dans une correspondance adressée au ministre de la sécurité publique. Cette correspondance dont Tchad Actu s’est procurée une copie, est datée du lundi 19 juillet 2021.
La junte au pouvoir au Tchad depuis la mort du président Idriss Déby Itno avait autorisé pour la première fois une manifestation prévue vendredi dernier de l'opposition la plus critique puis annulé par les organisateurs qui avaient exigé que l’autorisation de marche soit délivrée au nom de Wakit Tamma mais non au nom de quelque associations et parti politique. Cette marche annoncée par Wakit Tamma n’a pas obtenu pour le moment, l’agrément des autorités Tchadiennes.
Selon Wakit Tamma, à N’Djamena, la marche suivra donc les trois itinéraires précédemment indiqués : la première colonne passera de la place Fest Africa en passant par l’Avenue Mobutu pour finir à la place de la nation ; la deuxième partira du Rond-point Adoum Tchere pour finir à la Place de la Nation et la dernière de Farcha au rond-point Travaux à la Place de la Nation. Arrivées à la Place de la Nation, expliquent les organisateurs, les différentes organisations prononceront des motions avant de se disperser.
Les militants de Wakit Tamma détermineront leurs itinéraires aux autorités locales. Pour rappel, le gouvernement Tchadien a autorisé deux marches distinctes initiées respectivement par par l’organisation des femmes du parti MPS prévue le 27 juillet 2021 et celle de House of Africa prévue le samedi 31 juillet 2021. La marche vise à dénoncer les coupures intempestives d'électricité.
"La marche dite pacifique de femmes du MPS et de l’association de la société civile House of Africa (...) ayant déposé préalablement une demande d'autorisation est autorisée pour les 27 et 31 juillet", selon un arrêté signé par Souleymane Abakar Adoum, ministre de la Sécurité publique, précisant "qu'en cas d'infraction ou de débordements, les organisateurs seront tenus pour responsables".
Le chef du CMT, Mahamat Idriss Déby Itno, fils du défunt président, entouré de 14 généraux, concentre à 37 ans presque tous les pouvoirs. Il s'est arrogé les titres de président de la République et de chef suprême des armées. Il a promis des élections "libres et démocratiques" dans une période de 18 mois renouvelable, mais sans exclure une prolongation de la transition.
Le 27 avril, six personnes avaient été tuées à N'Djamena et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations interdites, à l'appel de l'opposition et de la société civile. Plus de 600 personnes avaient été arrêtées.
Le 12 mai, la junte avait autorisé une manifestation à l'appel de Nouvelle vision, une plate-forme de 42 partis se disant de l'opposition, mais affichant son "soutien indéfectible" au pouvoir militaire.
A la suite de l'annonce de la mort du président Déby le 20 avril, le CMT a dissous le Parlement et le gouvernement et abrogé la Constitution. Sous la pression internationale, la junte a finalement nommé un "gouvernement de transition" de civils le 2 mai, dirigé par Albert Pahimi Padacké, le dernier Premier ministre du défunt.
Le CMT a également promis de "nommer" les membres d'un Conseil national de transition (CNT) qui fera office d'organe législatif de transition, désignation qui se fait encore attendre.



