Tchad – États-Unis : le Ministre d’État reçoit une délégation américaine

L’AES à l’épreuve du péril djihadiste au Mali

Au départ, il s’agissait d’un blocus, voire de sabotages ou de perturbations des terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) contre l’approvisionnement en hydrocarbures des principales régions et villes du Mali. Les derniers développements de l’actualité font craindre le pire. L’analyse d’Éric Topona.
✍️Éric Topona
Pour nombre d’observateurs, les attaques des terroristes islamistes, à leurs débuts, n’étaient guère de nature à donner lieu à des inquiétudes alarmistes, car il s’agit de stratégies de combat classiques dans toute guerre. Mais, au fur et à mesure que les nuisances du JNIM s’étendent sur la longue durée, les autorités maliennes, les populations et la communauté internationale réalisent qu’il s’agit en réalité d’une stratégie d’asphyxie de l’État malien tout entier.
Les hydrocarbures sont le poumon sans lequel aucun État ne peut se maintenir, y compris sur une courte durée. Or, à l’observation, le blocus du JNIM porte atteinte à la souveraineté de l’État malien dans sa capacité à assumer ses missions régaliennes, au premier rang desquelles la sécurisation de son territoire. Mais, plus grave, il n’y a pas que les forces de défense et de sécurité qui en sont impactées, mais aussi les activités économiques qui sont à l’arrêt, la liberté de circulation pour les personnes, l’éducation, la santé et tous les rituels périphériques de la vie ordinaire qui rendent possible le fonctionnement classique du corps social.
Cote d’alerte malgré l’inaction des militaires au pouvoir. L’État central malien n’est certes pas demeuré inactif, loin s’en faut.
Néanmoins, les populations comme les transporteurs des camions-citernes de carburant ne tarderont pas à réaliser que, en dépit de la forte mobilisation des forces de l’ordre pour sécuriser l’acheminement du carburant vers Bamako et d’autres centres névralgiques du pouvoir, l’emprise du JNIM ne cesse de se resserrer et, dans le même temps, l’incapacité, voire l’impuissance de l’État malien à neutraliser les actes de déstabilisation des terroristes sont de plus en plus vouées à l’échec.
La cote d’alerte a été atteinte lorsque, vers la fin du mois d’octobre, certaines grandes chancelleries occidentales ont vivement recommandé à leurs ressortissants présents au Mali de quitter de toute urgence le pays ou de se garder de s’y rendre. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, dans un communiqué dont cette institution n’est pas coutumière, appelle début novembre la « communauté internationale » à venir en aide sans tarder au Mali, au regard des conséquences désastreuses et de l’effet domino que pourrait induire l’installation d’un régime djihadiste à Bamako.
Où est passée l’AES ?
Au regard de cette dégradation de la situation sécuritaire au Mali et des graves menaces qui pèsent sur sa souveraineté, de nombreux intellectuels et médias africains éludent la question que tout le monde devrait pourtant se poser : où est passée l’Alliance des États du Sahel ? C’est pourtant le moment d’en faire le bilan opérationnel et stratégique au regard des déclarations de bonnes intentions qui ont présidé à sa création.
Aussi, il ne faut jamais perdre de vue que la raison cardinale de la création de l’AES fut la mutualisation des forces de ses trois États membres fondateurs pour combattre efficacement le terrorisme djihadiste, reconquérir leur intégrité territoriale ; bref, réussir là où le G5 Sahel, la France, voire l’Union européenne ont échoué. Bien plus, ces États fondateurs de l’AES ont claqué la porte de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qu’ils disaient inféodée à l’Occident, et, plus récemment, de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).
La force de sécurité commune de 5 000 hommes bruyamment annoncée devrait pourtant faire la preuve de sa capacité opérationnelle au moment où le Mali, l’un des piliers de l’AES, fait face à une menace existentielle. Paradoxalement, l’AES est absente, y compris par le biais d’une communication de réprobation ou offensive.
Protection de la capitale, Bamako

Le pouvoir de Bamako semble ne plus jurer que par la protection de la capitale, siège des institutions, où se sont manifestement repliés les mercenaires de l’Africa Corps qui semblent ne plus avoir pour mission que de protéger ce qui reste du pouvoir central. Dans le même temps, les terroristes du JNIM s’emparent de camps et de bases militaires, rognent chaque jour un peu plus les domaines régaliens de l’État, comme l’instauration d’un port vestimentaire salafiste pour les femmes, dans les villes tombées sous leur contrôle, ou l’assassinat récent d’une jeune TikTokeuse, Mariam Cissé, fidèle aux Forces armées maliennes (FAMa),, dont la mise à mort sur la place publique a ému l’opinion publique malienne et internationale.
Dissensions entre Bamako et Ouagadougou ?
Par ailleurs, certaines informations font état de dissensions persistantes entre les pouvoirs de Bamako et de Ouagadougou, en dépit des efforts de médiation et d’apaisement de leur homologue nigérien. Ironie de l’histoire, c’est surtout vers la Côte d’Ivoire, pays de la CEDEAO, que vont trouver refuge les nombreux Maliens qui redoutent une déferlante djihadiste sur Bamako.
La question qu’il est urgent de poser est de savoir si l’AES pourrait survivre à la chute du pouvoir actuellement aux affaires à Bamako. Comment comprendre que, alors que la Charte qui crée l’Alliance des États du Sahel prévoit une assistance mutuelle en cas d’attaque extérieure de l’un des États membres, ni le Niger ni le Burkina Faso ne se mobilisent pour sauver le pouvoir de Bamako d’un effondrement qui semble chaque jour se rapprocher dangereusement ? Sans céder à quelque catastrophisme que ce soit, il y a de fortes inquiétudes quant à la pérennité de l’AES comme nouvelle entité géopolitique.
Désinformation en Afrique : Une enquête de Fact’Africa cartographie les relais pro-Kremlin sur le continent

Une enquête vidéo publiée le vendredi 24 octobre 2025 par la plateforme Fact’Africa met en lumière un vaste réseau de diffusion de contenus alignés sur les récits du Kremlin dans plusieurs pays africains. Ce travail de fact-checking révèle comment des articles, vidéos et publications sur les réseaux sociaux contribuent à installer, sous des apparences locales, des messages pro-russes dans l’espace médiatique africain.
ONU : Le temps des indispensables réformes

✍️Èric Topona.
Le 24 octobre 1945, l’Organisation des Nations unies a été instituée, à la suite de la ratification de la Charte par la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’URSS et la majorité des autres pays signataires. 80 ans après sa création, l’ONU doit être reformée.
La vérité de. M. Abel Maina face à la presse nationale

M. Ibangolo Maina Manga Abel, Conseiller spécial à la Primature, a animé ce lundi 20 octobre 2025 à hôtel Radisson Blu, une conférence de presse relative aux circonstances du décès de Ray's Kim survenu le 7 octobre et inhumé le 18 octobre 2025 au cimetière de Toukra.
Maisons russes en Afrique ou le soft power de Moscou

Comme le font les autres pays, la Russie travaille depuis plusieurs années à mettre en place de nouveaux relais pour renforcer son influence sur le continent africain.
✍️Èric Topona
Les expressions de la puissance et de la domination, dans le champ des relations internationales, ne relèvent pas systématiquement de la coercition brute à l’effet d’imposer une vision ou un ordre du monde. Elles peuvent revêtir des formes diverses dont certaines tiennent de la persuasion des esprits.
Ce paradigme dans la gestion des rapports de force entre États est déjà vérifiable au moment des grandes campagnes d’expansion coloniale. À titre d’exemple, la mission civilisatrice des empires coloniaux européens avait comme leviers de pouvoir, entre autres, la religion chrétienne et l’œuvre « civilisatrice » de l’école occidentale. Même les grands empires conquérants musulmans des siècles antérieurs ont fait usage d’outils semblables dans la panoplie de leurs moyens d’expansion et de domination.
Le soft power, précédents historiques
Le soft power tient ses origines de ces précédents historiques.
Ce concept a cependant été formalisé au début des années 1990 par le géopolitologue américain Joseph Nye (mort le 6 mai 2025 à Cambridge). Il le définit comme étant “l’habileté à séduire et à attirer”, notamment pour une grande puissance aux ambitions hégémoniques. La Russie actuelle de Vladimir Poutine, dans la bataille géopolitique qu’elle livre à l’Occident, précisément à l’Europe, pour imposer son narratif en Afrique subsaharienne et même en Afrique du nord, en fait un usage massif.
Maisons russes en Afrique, creuset de la propagande russe
Les Maisons russes en Afrique sont actuellement le centre névralgique de cette campagne de légitimation de la présence de Moscou en Afrique et, par ricochet, de délégitimation de l’Europe. Ces maisons ayant été présentées à l’origine comme des espaces philanthropiques de diffusion de la culture russe sur le continent africain, force est de constater que l’on ne s’y occupe pas seulement de répandre des connaissances sur la langue, la littérature ou l’histoire glorieuse de la Russie. Elles sont également devenues, au fil des ans, des centres de recrutement, de formation idéologique des agents de désinformation au service des ambitions géopolitiques de Moscou. C’est pourquoi un certain panafricanisme dévoyé, différent du panafricanisme des pères fondateurs, est conçu et diffusé à partir de ces laboratoires du soft power russe.
Maxime Audinet, chercheur “Stratégies d’influence” à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM) et spécialiste de la Russie, en donne une illustration saisissante dans une étude intitulée “En quête de désoccidentalisation : la stratégie d’influence de la Russie en Afrique subsaharienne” : « À l’été 2024, de grands panneaux publicitaires sont dressés sur plusieurs axes routiers de la ville d’Accra, capitale du Ghana. Le visage de Kwame Nkrumah, grand leader du panafricanisme et premier président du pays indépendant y apparaît […]. Juste au-dessous figure un logo carré et vert pomme apparemment sans rapport avec le sujet, celui de la chaîne RT, ou Russia Today, le principal média d’État russe transnational. » Cette propension à travestir l’histoire de l’Afrique à partir de l’Afrique aurait pu être tenue pour négligeable s’il ne s’agissait que d’un fait isolé ou anecdotique. Le plus préoccupant, dans cette entreprise de construction d’une vérité alternative sur l’Afrique, c’est le choix de leur public cible : les jeunes. Qu’il s’agisse des Africains mobilisés par les Maisons russes en Afrique pour leur servir de relais de propagande ou du public ciblé : il s’agit de jeunes qui constitueront, à l’horizon 2050, les deux tiers de la population sur le continent. Ils s’abreuvent de ces contre-vérités historiques, et ce d’autant plus qu’ils sont massivement présents sur les réseaux sociaux. Sur ces plateformes où le discernement est l’exception, où tout effort de fact-checking est plutôt suspecté de servir les intérêts de l’Occident, les influenceurs à la solde de Moscou sont plutôt considérés comme de braves combattants, voire des héros en lutte pour la libération et la souveraineté de l’Afrique.
L’avenir des Maisons russes en Afrique
Quel avenir pour ces Maisons russes en Afrique ? Cette interrogation, en dépit de son actualité et de sa gravité, n’a pas encore trouvé de réponse appropriée. Et pour cause, ces outils de propagande et de désinformation que sont les Maisons russes en Afrique s’implantent et s’étendent avec le soutien affiché et appuyé de certains régimes autoritaires et antidémocratiques qui redeviennent à la mode en Afrique subsaharienne.
Ces régimes sont d’autant plus à l’aise avec le narratif sur un complot des puissances occidentales contre l’Afrique qu’ils peuvent ainsi masquer leurs échecs ou trouver des boucs émissaires, notamment quand ils se montrent incapables de répondre aux besoins essentiels de leurs populations. Cette dynamique est particulièrement perceptible dans les nouveaux régimes autoritaires qui essaiment au Sahel, dissolvent tous les contre-pouvoirs, embastillent les opposants politiques et les voix de la contestation dans la société civile. Or, dans le même temps, ces nouvelles tyrannies qui se rangent sous le parapluie protecteur de Moscou accumulent des échecs cuisants sur le terrain de la lutte contre le terrorisme.
En revanche, la propagande de Moscou, dont les forces paramilitaires sont pompeusement présentées comme les protecteurs et les libérateurs de l’Afrique, attribue ces échecs aux agents militaires de l’Occident, qui agiraient dans l’ombre aux côtés des terroristes djihadistes.
Cependant, un basculement s’opère et progresse dans les opinions publiques. Les échecs visibles de ces régimes et leur incapacité à faire reculer la corruption, à garantir aux populations un bien-être minimal, décrédibilisent de plus en plus le narratif de Moscou et de ses alliés.
La coordination nationale des Artistes et Artisans du Tchad clarifie son adhésion au MPS
Le coordinateur National des Artistes et Artisans du Tchad Hisseine Adamou Camara a fait ce vendredi 10 octobre 2025 a N’djamena , aun point de presse pour réitérer son adhésion au Mouvement Patriotique du Salut (MPS).



