Tchad: le collectif des avocats réclame une loi d'amnistie pour Masra Succès
Après la grâce présidentielle accordée à Succès Masra, ses avocats souhaitent voir cette mesure déboucher sur une amnistie. Lors d’une conférence de presse tenue, ce vendredi 21 août 2026, le collectif de défense de l’ancien Premier ministre tchadien a appelé les parlementaires à adopter «dès que possible» une loi en ce sens, selon des médias locaux.
La grâce présidentielle accordée à Succès Masra ne constitue pas, aux yeux de ses avocats, l’aboutissement du processus. Réunis en conférence de presse, ce vendredi 21 août 2026, les membres de son collectif de défense ont salué une décision qu’ils qualifient de geste «important d’humanité et d’apaisement», tout en appelant les autorités à franchir une nouvelle étape: l’adoption d’une loi d’amnistie.
Par la voix de Me Jacqueline Moudeina, porte-parole du collectif, les avocats ont souhaité que la dynamique enclenchée par la grâce présidentielle se poursuive. Ils plaident notamment pour une mesure d’amnistie en faveur de Dr Assyongar Masra Succès, estimant qu’elle pourrait contribuer davantage à l’apaisement du climat politique et social au Tchad.
Selon la défense, contrairement à la grâce, l’amnistie permettrait, dans les conditions prévues par la loi, d’effacer les conséquences pénales liées aux faits ayant conduit à la condamnation. Les avocats y voient donc un instrument supplémentaire de réconciliation et de rassemblement national.
Le collectif estime également que la grâce présidentielle, intervenue après l’épuisement des voies de recours judiciaires, devrait marquer le début d’un processus plus large de décrispation. Il appelle ainsi à faire de cette décision le point de départ d’une démarche visant à favoriser la réconciliation nationale et à consolider l’unité du pays.
Tout en exprimant leur «profonde reconnaissance» au président de la République pour la mesure prise en faveur de leur client, les avocats maintiennent leurs critiques concernant la condamnation de Succès Masra, qu’ils continuent de considérer comme «injustement fondée».
L’ancien Premier ministre avait été condamné à 20 ans de prison, notamment pour «diffusion de messages à caractère raciste et xénophobe par le biais d’un système informatique» et «complicité de meurtre». Son pourvoi en cassation ayant été rejeté par la Cour suprême, la condamnation était devenue définitive sur le plan judiciaire, selon sa défense.



