🇷🇴Crise à la Cnpcic🇷🇴 : Grève sèche et illimitée prévue le 13 août 2025

<<En l’absence de réponse satisfaisante à l’issue de ce délai, une grève sèche et illimitée sera déclenchée à compter du mercredi 13 août 2025, sur l’ensemble des sites de production ainsi qu’au siège de N’Djamena>>.
Le secrétaire général chargé des revendications et des affaires juridiques des employés de la société China national petroleum corporation international chad (Cnpcic), Issangwai Djimasra a fait ce samedi 9 août 2025 une communication à la Bourse du Travail pour informer l'opinion nationale et internationale la crise inter-professionnelle qui traverse cette société qui exploite l'or noir au Tchad : il s'agit de l'épineuse question de la convention collective.
En effet, en février 2025, le personnel et la Direction générale de la Cnpcic ont entamé la discussion pour l'application de la convention collective dite "convention collective-type branche du secteur pétrolier", explique le secrétaire général porte-parole des employés Issangwai Djimasra à l'issue de sa communication. Malheureusement poursuit-il, ces discussions se sont soldées par un échec. Dès lors, la Direction générale de la Cnpcic a fait table rase en minimisant le dossier et n’a daigné pas d'un iota poursuivre la négociation. Même, les agents de l'inspection de travail en charge du dossier ont constaté lors de la réunion du 26 juillet dernier le manque de volonté manifeste de la Direction générale de la Cnpcic de poursuivre le pourparler, précise-t-il. Et pourtant indique-t-il, les travailleurs de la Cnpcic des sites de Ronier, Baobab, Daniela et la direction de N’Djamena ont unanimement adopté des résolutions qui demandent : l’application immédiate des dispositions obligatoires de la convention collective-type, en guise de bonne foi dans le cadre du dialogue social ; le départ des responsables chinois identifiés comme principaux freins à l’amélioration des conditions de travail, notamment en raison de leur gestion autoritaire, discriminatoire, et contraire à la législation en vigueur, conformément au décret n°191/PR/MFPT/96 relatif à la limitation du personnel expatrié, informe-t-il.
Issangwai Djimasra a saisi l'opportunité pour fustier les propos de la Direction générale qualifiant leurs revendications d’exorbitantes : « Une telle accusation est infondée, d’autant plus que la Cnpcic demeure l’entreprise pétrolière la moins équitable en matière de traitement salarial de ses employés nationaux ». Pour illustrer cette affirmation, il cite : un opérateur expatrié perçoit en moyenne 618 Usd par jour, soit 346 080 Fcfa, d'après les données confirmées à l’Assemblée nationale ». Cet exemple en dit long. Il démontre : « la Cnpcic pense que l’impact financier engagé sur les expatriés est logique. Par contre, elle considère que les dépenses engagées sur les travailleuses et travailleurs tchadiens impactent considérablement sur le budget de la Cnpcic », qui selon lui c'est une injustice économique qui constitue une violation manifeste de l’article 1246 du code du travail, qui garantit à tous les travailleurs une rémunération égale pour un travail de valeur équivalente.
,,<< Le droit de grève est un droit légal. J'interpelle les plus hautes autorités de la République, les partenaires sociaux, les organisations de défense des droits des travailleurs et l’ensemble de l’opinion publique nationale et internationale à soutenir cette lutte !>>. Il est crucial de comprendre qu’il ne s’agit ni d’un caprice syndical, ni d’une revendication catégorielle mais, d’un combat pour la justice sociale, pour le respect de la loi et pour la dignité des travailleurs tchadiens.



